1) Créer un programme d'investissement stratégique pour les éleveurs afin de compenser la perte du marché chinois et d’atténuer les répercussions de la guerre commerciale incessante entre les É.-U. et la Chine.

L’incidence financière qu’ont entraînée, sur les éleveurs de porcs, la perte du marché chinois et la guerre commerciale persistante entre les É.-U. et la Chine se chiffre à 265 millions de dollars. Le Conseil canadien du porc demande instamment au prochain gouvernement de mettre en place un programme d'investissement stratégique pour les éleveurs.

L’industrie porcine canadienne exerce ses activités au sein d’un marché mondial du porc. Près de 70 % de sa production est exportée sous forme de produits de porc ou d’animaux vivants. Le Canada est à la fois l’un des trois plus importants exportateurs et l’un des dix principaux importateurs de porcs. En raison du peu de mesures de restriction aux frontières, le prix que les éleveurs de porcs reçoivent pour leurs bêtes est déterminé par la situation de l’offre et de la demande sur le marché américain élargi.

Cette réalité du marché fait en sorte que les éleveurs canadiens subissent directement les contrecoups de la guerre commerciale qui se poursuit entre les É.-U. et la Chine. L’imposition des droits de douane suivie de l’imposition d’une surtaxe de représailles, suivie des prises de position sur la politique commerciale et, en dernier lieu, de l’interruption des exportations canadiennes ont engendré l’incertitude et la chute des prix sur le marché. Comme ce fut le cas en 2018, la dégringolade saisonnière habituelle des prix du porc de marché s’est amorcée bien plus tôt au cours de l’année, et les éleveurs n’ont pas eu la possibilité de se créer une réserve pour les aider à traverser la période durant laquelle le rendement est plus faible.

Les producteurs de porcs de l’Europe et du Brésil sont ceux à qui cette guerre commerciale profite le plus. Les prix qu’ils obtiennent pour leurs animaux sont bien plus élevés compte tenu de la demande grandissante provenant de la Chine et de l’absence de concurrence de la part du Canada et des États-Unis sur ce marché.

Le gouvernement américain est conscient que la guerre commerciale, qui vise à améliorer l'accès au marché chinois, a eu un impact négatif considérable sur les éleveurs de porcs américains et, pour atténuer celui-ci, il a annoncé la mise en place de deux programmes d’aide distincts de plusieurs milliards de dollars. Ces programmes accordent non seulement une aide générale à l'industrie porcine, mais versent également des paiements directs aux éleveurs individuels.

Pour leur part, les éleveurs canadiens, qui ne parviennent pas à tirer profit des retombées d'une hausse de la demande du porc ou d’une aide financière du gouvernement fédéral, sont abandonnés à leur sort. Ils comptaient sur une période de rentabilité censée leur permettre de moderniser leurs installations ou d'accroître leurs activités. Le plus récent rapport d’inventaire de porc publié par Statistique Canada révèle que contrairement à leurs rivaux américains, les éleveurs canadiens ne prennent pas d’expansion.

Et le programme d’aide de 4 milliards de dollars du gouvernement canadien à l’intention des secteurs qui sont soumis à la gestion de l'offre ne fait qu’aggraver la situation. De toute évidence, les producteurs de ces secteurs, subventionnés par les fonds publics, se trouvent désormais en bien meilleure position pour renchérir le prix des terres et des autres facteurs de production, compromettant directement la capacité des éleveurs de porcs de leur faire concurrence.

Les producteurs américains, qui bénéficient de paiements directs du gouvernement, ne seront pas contraints de remettre à plus tard leurs plans d’expansion. Les producteurs européens et brésiliens, qui profitent de prix du marché plus élevés, connaîtront un essor. Les producteurs laitiers canadiens feront monter le prix des intrants. Dans ces conditions, les éleveurs de porcs canadiens risquent réellement de devoir cesser leurs activités.

Cette situation ne peut plus durer. En l’absence d’un plan réalisable visant à rouvrir l’accès au marché du porc en Chine, les éleveurs canadiens exigent la mise en œuvre d'un programme qui procurera à chacun d’entre eux une aide équivalente à celle accordée à leurs concurrents américains.

Les éleveurs de porcs canadiens demandent que le prochain gouvernement fédéral crée un programme d'investissement stratégique doté d’une enveloppe de 265 millions de dollars afin de corriger ce déséquilibre concurrentiel.