Procurer d’autres ressources pour contrer la menace que pose la peste porcine africaine. 

La peste porcine africaine (PPA) ne constitue pas un problème en matière de salubrité alimentaire. Cela dit, le virus provoque la mort des porcs, et risque d'anéantir une industrie concurrentielle sur les marchés mondiaux rapportant 24 milliards de dollars par année. Une industrie qui génère 100 000 emplois aussi bien dans les petites collectivités rurales que dans les grands centres urbains.

Dans la mesure où notre pays exporte 70 % de sa production de viande de porc sous forme de produits de porc ou d’animaux vivants, une éclosion de PPA entraînerait la fermeture immédiate de nos marchés d’exportation et, à moins que nous puissions intervenir rapidement, le déclin de l’industrie porcine. D’ailleurs, l’expérience canadienne relativement à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) nous révèle clairement ce à quoi nous pouvons nous attendre. Malheureusement, la situation pouvant toucher l’industrie porcine sera bien pire.

La maladie est présente en Afrique, en Europe, en Russie et en Chine, et se propage rapidement dans l'Asie du Sud-Est. L’effet combiné de la hausse des déplacements personnels, des échanges commerciaux entre le Canada et ces régions ainsi que de l’augmentation de la concentration du virus dans le plasma sanguin contribue à accroître le risque d’introduction de la PPA en Amérique du Nord.

Heureusement, tout n’est pas perdu. Le Canada possède un système de surveillance de la santé animale très fiable et bien établi. Nos éleveurs savent comment élever des porcs en santé et bénéficient du soutien d’une multitude de spécialistes en santé animale, allant de vétérinaires à des chercheurs de renommée mondiale. Un vaste réseau de laboratoires en santé animale et une réglementation rigoureuse, tant au fédéral que dans les provinces, contribuent en outre à renforcer ce système de surveillance de la santé animale.

Les éleveurs sont conscients de jouer un rôle crucial. Ils ont beaucoup investi dans la traçabilité, la biosécurité, la vulgarisation et la recherche. Ils collaborent avec leurs collègues de partout au Canada et travaillent de concert avec leurs autorités locales. Ils sont également actifs sur la scène internationale.

Les quatre pierres angulaires d’un plan de gestion des urgences efficace sont la prévention, la préparation, l’intervention et la reprise des activités. Nous avons investi massivement dans la préparation et la planification, puisque nous sommes conscients qu’il s’agit de l'utilisation la plus efficace et rentable des ressources. Il reste, toutefois, beaucoup de travail à faire dans ces domaines.

L’industrie porcine est d’avis qu'il existe quatre grandes priorités, à savoir les suivantes.

  1. Porcs sauvages : il faut éliminer le risque que posent les porcs sauvages. Ceux-ci sont porteurs et transmetteurs de maladies, et sont donc susceptibles de mettre en péril l’industrie. L’éradication de cette espèce envahissante est indispensable.
  2. Mesures de biosécurité : il faut améliorer les mesures de biosécurité à la ferme et à la frontière afin de prévenir l’introduction de la maladie au Canada et dans les élevages.
  3. Zonage : la capacité de délimiter, de mettre en place et de contrôler une zone visant à circonscrire une épidémie est essentielle pour éliminer rapidement la maladie et maintenir l'accès du Canada à ses marchés d’exportation de porcs. Les sommes investies dans la capacité de traçabilité et de surveillance des maladies sont de la plus haute importance. Le gouvernement canadien doit, de plus, négocier des accords de reconnaissance des zones avec les gouvernements des principaux marchés d’exportation.
  4. Sensibilisation du public : tout le monde doit participer pour prévenir l'introduction de la PPA au Canada et en comprendre les répercussions si cela venait à se produire. Il est nécessaire de résoudre les difficultés liées aux communications avec un très grand nombre de différentes parties concernées, aussi bien avant que pendant une éclosion. À titre d’exemple pour mieux saisir toute la complexité de cette tâche, le Canada doit être en mesure de communiquer simultanément avec ses 7 000 éleveurs de porcs destinés à la production commerciale, ainsi qu’avec les 7 000 autres petites exploitations ou exploitations artisanales, avec ses homologues des États-Unis et du Mexique, et avec les consommateurs du Canada et des principaux marchés d’exportation. Et il faut trouver une solution unique pour chacun de ces groupes.

Les éleveurs réclament au gouvernement fédéral une collaboration continue et un financement pluriannuel en vue de donner suite à ces quatre priorités relatives à la PPA.