Rapport annuel

Message du président 2019

Dans un monde de plus en plus marqué par l’incertitude, l’importance de collaborer étroitement avec nos partenaires de l’industrie et des gouvernements devient de plus en plus criante.

Le plan stratégique du Conseil canadien du porc (CCP) cible quatre piliers en matière d’interventions :

  1. Amélioration de la valeur
  2. Gestion des risques
  3. Renforcement de la confiance du public
  4. Excellence organisationnelle

Parmi ces piliers, le conseil d’administration du CCP a établi six enjeux majeurs qui ont nécessité une attention particulière en 2019 :

  1. Lancement des programmes Porc SALUBRITÉ/PorcBIEN-ÊTRE
  2. Reconnaissance de la valeur de la série Excellence du porc canadien
  3. Intensification des démarches en matière de représentation des intérêts du CCP
  4. Établissement d’un indicateur d’un prix canadien des porcs
  5. Révision du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs
  6. Mise en place d’un Office de recherche et de promotion pour le porc

Il est bien évident que d’autres enjeux sont survenus et ont obligé l’organisation à s’adapter rapidement. Ce fut le cas notamment de la propagation rapide de la peste porcine africaine ailleurs dans le monde et de la suspension des exportations de porc en Chine. Ce n’est qu’en collaborant avec ses partenaires que le CCP a été en mesure de faire face à ces défis additionnels.

La suspension des exportations canadiennes de porc en Chine risquait d’exiger beaucoup de temps de la part du CCP. Toutefois, la collaboration étroite avec le Conseil des viandes du Canada et Canada Porc International a permis au CCP de s’assurer que les besoins des producteurs de porcs étaient pris en compte. On peut souligner ici que le personnel du CCP a joué un rôle de chef de file en ce qui a trait aux requêtes des médias.

Une éventuelle éclosion de peste porcine africaine au Canada pourrait être dévastatrice pour l’industrie porcine. C’est pourquoi le Conseil canadien du porc a consacré une grande partie de ses ressources à l’amélioration des mesures de prévention et, le cas échéant, d’intervention. Plusieurs initiatives ont été mises en place grâce à une étroite collaboration avec nos partenaires du fédéral et des gouvernements provinciaux. Mentionnons l’intensification des mesures de sécurité dans les aéroports canadiens; de nouveaux contrôles à l’importation sur les grains fourragers; le lancement de PorcTRACÉ 2.0 et l’utilisation des données de ce programme pour le développement d’un modèle sur les maladies; la recherche de nouvelles techniques de détection de la PPA et un niveau accru de collaboration à l’échelle internationale. Le responsable de la santé animale au CCP a maintenu d’excellentes communications avec nos membres provinciaux et a produit une série de documents sur la PPA qui ont largement été partagés avec tous les intervenants concernés. Le plus important peut-être à ce sujet, c’est qu’actuellement les gouvernements et l’industrie collaborent vraiment sur les questions de santé animale à un degré jamais vu auparavant. Cette nouvelle approche constitue la base de l’orientation qui pourra être donnée à l’entité Santé animale Canada.

Bien que le Conseil ait dû rediriger certaines ressources pour traiter ces dossiers dans l’immédiat, des progrès ont été réalisés relativement à ses principales priorités.

Prix canadien des porcs : Sous la direction du Comité sur la gestion des risques d’entreprise, une équipe de consultants a réalisé une étude visant à explorer les possibilités et la faisabilité d’établir un indicateur du prix canadien des porcs qui refléterait mieux la valeur des porcs canadiens.

Lancement de PorcSALUBRITÉ|PorcBIEN-ÊTRE : Le lancement graduel des programmes à la ferme PorcSALUBRITÉ|PorcBIEN-ÊTRE a commencé en janvier 2019. La formation initiale des valideurs et la formation subséquente des producteurs ont permis d’augmenter le nombre de producteurs inscrits à ces programmes.

Bien que les premières réactions aient été largement positives, les valideurs, les coordonnateurs provinciaux et les producteurs continuent à nous communiquer des commentaires utiles qui permettront une amélioration constante du contenu et de la mise en oeuvre du programme de manière à répondre de manière efficace et efficiente aux besoins des producteurs.

Reconnaissance de la valeur du programme EPC : Les producteurs sont préoccupés du fait qu’ils ne partagent pas directement la valeur ajoutée créée au sein de la chaîne de valeur par la suite de programmes EPC. Le CCP et bon nombre de ses membres ont entamé des discussions avec les transformateurs en vue de trouver des modes de collaboration et pour que la valeur ajoutée associée à ce programme profite plus directement aux producteurs.

Office de recherche et de promotion : Ce dossier a été prioritaire au cours des discussions tenues avec les députés, et particulièrement avec l’ex-ministre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, Lawrence MacAulay, et celle qui lui a succédé, Marie-Claude Bibeau.

Malgré ces efforts, le dossier demeure stagnant. Au cours de la première moitié de 2019, avec la renégociation de l’accord Canada-États-Unis –Mexique, les conditions étaient moins qu’idéales pour mettre en place un prélevé sur les importations de porc correspondant à celui qui est déjà en place sur la production intérieure.

Le CCP continuera de garder ce dossier hautement prioritaire dans ses représentations auprès des responsables des politiques fédérales.

Révision du Code de pratiques : Conformément au processus entourant les codes de pratiques du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE), le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des porcs a été révisé en 2019.

Un groupe de travail technique, dont la composition est représentative des membres constituant le CNSAE, a entrepris des discussions le 18 mars 2019. Les échanges ont surtout porté sur l’échéance de 2024 concernant la transition des exploitations des cages de gestation vers le logement collectif.

Les membres du groupe technique ont reconnu que ce ne sont pas tous les producteurs de porcs qui seront en mesure de réaliser cette conversion au logement collectif d’ici 2024 sans compromettre le bien-être des truies ou de subir un fardeau financier majeur. À l’exception du représentant de Humane Canada, tous les participants au groupe de travail ont recommandé de faire passer la date d’échéance de 2024 à 2029 afin que les producteurs disposent de suffisamment de temps pour réaliser cette transition de manière ordonnée.

Malgré l’absence de consensus, le rapport du groupe sera soumis pour examen au conseil d’administration du CNSAE. L’orientation future du dossier sera communiquée aux producteurs au début de 2020.

Intensification des démarches en matière de représentation des intérêts du CCP : Reconnaissant l’importance d’intensifier les activités de représentation du CCP, le personnel et les administrateurs ont accru leurs démarches à cet égard. Bien qu’il reste encore du travail à faire, notamment une plus grande participation directe et constante des organisations provinciales de producteurs de porcs dans le programme national de défense des intérêts du secteur, des progrès ont été réalisés. Ainsi, le CCP s’est montré très actif, dans le cadre des élections fédérales, à faire connaître ses priorités et à revendiquer auprès du gouvernement fédéral un soutien financier en vue de compenser les répercussions négatives de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pour les producteurs canadiens.

L’incertitude qui a plané en 2019 ne disparaîtra pas de sitôt. Les producteurs de porcs du Canada travaillent dans un environnement commercial d’envergure internationale et ils continueront d’être secoués par des forces hors de leur volonté. Ce que nous pouvons contrôler par contre, en travaillant ensemble, c’est de continuer à bâtir une industrie porcine concurrentielle et rentable qui procure à nos clients du monde entier une protéine incomparable tout en contribuant à la croissance de l’économie canadienne.